2015-10-09

Face à la peur.


Il m'est arrivé plusieurs fois de la remarquer à l'église, le dimanche. Son charme, sa beauté naturelle et son sourire ne me laissaient pas indifférent. Après la messe, j'emprunte la même route qu'elle, celle qui nous mène à nos maisons respectives ; ainsi il m'est venu l'idée de l'aborder sur le chemin du retour. J'ai vite compris, c'était plus facile à penser qu'à faire. Les dimanches se suivaient, rien  n'avait changé, non parce que je ne me rendais plus à la messe ; mais parce que j'avais peur. Oui, j'avais peur ; la peur d'essuyer un échec, la peur d'être ignoré, la peur de me ridiculiser. Cette peur me paralysait à chaque fois que je pensais à elle.
Un dimanche matin, je me suis réveillé hyper motivé, j'avais décidé que c'était aujourd'hui ou jamais, d'aborder cette charmante jeune femme. Alors, j'ai eu cette intéressante conversation avec moi-même.

- Georges, qu'est ce qui pourrait-t'arriver de pire ? Me demandai-je.
- Elle pourrait m'ignorer, elle pourrait m'envoyer balader, par exemple !
- Et alors ! As tu beaucoup plus à perdre qu'à gagner ? Me dis-je.
- D'un côté ; si je suis rejeté, j'aurai la satisfaction d'avoir essayé de lui parler, ce qui est un signe de courage qui m'empêchera de me reprocher de ne l'avoir pas fait. De l'autre, j'aurai fait sa connaissance, mis un nom sur ce joli visage et pris probablement son numéro.
- Donc, Georges d'une certaine manière, tu gagnes à tous les coups. Fort souvent, ce ressenti qu'est la peur est issu de nombreux scénarios dramatiques auxquels nous pensions, qui nous paralysent dans le moment. Le fait d'agir et de se concentrer sur le présent, ne se souciant guère d'un éventuel futur sombre est le meilleur remède contre la peur.
- Alors, j'arrête de me tourner les pouces, je passe à l'action. Me dis-je, marchant d'un pas décidé vers l'église.

Après la messe, je me suis dépêché pour la rattraper sur la route, je me suis présenté, nous avions discuté tout le long du trajet. A mon grand étonnement, elle m'avait aussi remarqué, mais n'avait pas osé de me le faire comprendre ; comme c'est la coutume en Haïti. J'ai eu son numéro et ce fut le début d'une très grande amitié.


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